Leadership au féminin : deux parcours, une même volonté d’agir
À Saguenay, la présence des femmes en gestion continue de se renforcer : elles occupent aujourd’hui 47 % des postes de chefs de division et 45 % des directions et directions adjointes. Au‑delà des chiffres, ce sont surtout des trajectoires humaines qui témoignent de cette progression.
En cette Journée internationale des droits des femmes, découvrez le parcours inspirant de deux d’entre elles — deux femmes qui, chacune à leur façon, contribuent à faire avancer notre organisation.
Un parcours façonné par la transformation des communications et la force des rencontres
Marie‑Hélène Lafrance – directrice du Service des communications
Lorsque Marie‑Hélène arrive à la Ville de Saguenay, en mai 2004, l’organisation amorce à peine sa transition numérique et n’a pas encore de site Internet municipal unifié. Elle plonge dans ce chantier, puis évolue comme étudiante, contractuelle et conseillère en communication, touchant notamment aux relations médias, aux communications internes et externes, ainsi qu’au service aux citoyens.
Elle devient cheffe de division en 2018, puis directrice du service en 2021. C'est donc 22 ans à œuvrer pour la communauté, déjà six élections et sept conseils municipaux pour cette femme qui est toujours fière d'évoluer dans l'appareil municipal.
Un leadership d’adaptation et d’influence collective
Dans un univers où les communications évoluent sans arrêt, Marie‑Hélène fait preuve d’une grande capacité d’adaptation. Elle s’ajuste avec agilité aux grands virages du métier — montée du Web, essor des médias sociaux, diversification des publics — tout en développant, avec courage et lucidité, une manière de gérer qui tient compte des résistances naturelles au changement.
Elle n’avance jamais seule : son leadership repose sur la capacité à mobiliser autour d’idées nouvelles, à sortir du cadre sans perdre personne en route, et à contribuer à faire cheminer l’organisation au même rythme qu’elle évolue elle‑même.
Une progression marquée par les rencontres
Marie‑Hélène parle de son cheminement comme parsemé « d’anges » : des personnes croisées à différents niveaux hiérarchiques qui, au bon moment, ont reconnu sa valeur, offert un conseil, ouvert une porte ou accordé leur confiance. Ces alliés — hommes et femmes — l’ont aidée à se dépasser. Pour elle, ce soutien rappelle qu’on ne réussit jamais seule, même si l’investissement personnel — formation, coaching, apprentissages continus — reste tout aussi essentiel à la progression.
Une fierté assumée : son équipe!
Elle le dit sans détour : sa plus grande fierté, c’est son équipe. Un large spectre de personnalités, des talents qui se complètent, des profils colorés qui donnent du relief à la prestation de services. « La meilleure équipe de la terre », répète‑t‑elle. S’entourer de gens qui ont des forces que nous n’avons pas, faire place à leurs expertises, laisser grandir les idées : c’est sa signature.
« Je suis choyée d’occuper mes fonctions, dans un milieu où j’ai pu être moi‑même, donner mon point de vue et évoluer avec liberté. Je sais que ce n’est pas le cas partout dans le monde. J’ai eu la chance de croiser des femmes inspirantes, mais aussi des hommes qui m’ont soutenue à chaque étape. Chaque personne, quel que soit son genre, a ses forces et son bagage de connaissances. Cette complémentarité est précieuse dans une organisation. »
Une ascension fondée sur la variété des rôles, la persévérance et la recherche d’une vision d’ensemble
Valérie Bossé – directrice de l’arrondissement de La Baie
Originaire de Rivière-Bleue, Valérie s’installe au Saguenay en 1995 pour étudier. En 1999, à 21 ans, elle entre à l’ancienne Ville de Chicoutimi comme technicienne en administration — la plus jeune de son service — tout en complétant un baccalauréat en administration le soir, qu’elle termine en 2007. Elle obtient son titre de comptable en 2011, conciliant études, travail, maternité et un volume élevé d’heures supplémentaires.
Un parcours volontairement polyvalent
Dès ses débuts, Valérie vise un rôle de gestion et choisit de développer une vision globale de la Ville. Elle évolue ainsi dans plusieurs services :
- Finances — technicienne puis comptable syndiquée
- Ressources humaines — conseillère en gestion de l’information
- Travaux publics — adjointe à la direction
- Hydro Jonquière — cheffe de division
Elle poursuit ensuite comme chargée de projet au Génie, à l’Aménagement du territoire et urbanisme, puis se consacre au plan triennal d’immobilisations (PTI) — un rôle qui la rapproche de la direction générale et du conseil municipal. En juillet 2024, elle devient directrice de l’arrondissement de La Baie. Pour elle, ce n’est pas une fonction en particulier qui prépare à la gestion, mais la somme des expériences.
Une culture qui évolue
Confortable dans des milieux majoritairement masculins — notamment durant ses huit années aux Travaux publics — elle observe aujourd’hui une présence grandissante de femmes gestionnaires et une ouverture accrue. Selon elle, la diversité et la complémentarité hommes-femmes enrichissent les décisions :
« Plus il y a de perspectives différentes autour de la table, meilleures sont les solutions. »
La réalité du rôle de directrice d’arrondissement
Ce qu’elle aime particulièrement :
- la grande variété des dossiers,
- l’équilibre entre citoyens, élus et administration,
- agir comme « l’huile dans la machine », celle qui facilite et aligne les actions.
Sa formation en comptabilité guide toujours sa rigueur : elle évalue d’abord les effets financiers, consciente que chaque décision se reflète sur le compte de taxes.
Sa marque de commerce : la détermination!
Depuis son entrée à la Ville, Valérie progresse avec constance, portée par une grande curiosité et par la conviction que la persévérance, même lorsque les occasions se font attendre, finit par porter fruit.
Un moment important survient lorsqu’elle met temporairement sa progression professionnelle de côté pour compléter son baccalauréat. Durant cette période, certains postes qu’elle aurait aimé occuper lui échappent, ce qui lui fait prendre conscience d’une réalité simple : il ne suffit pas de travailler fort, il faut aussi savoir nommer ce que l’on accomplit. Elle en retire une leçon durable : être consciente de ses forces, assumer ses réalisations et ne pas hésiter à les exprimer lorsqu’on se présente à un processus de sélection.
Valérie est fière du chemin parcouru, qu’elle a construit progressivement, grâce à son travail et à sa persévérance. Même si elle a pu compter sur plusieurs personnes inspirantes et bienveillantes au fil du temps, elle sait aussi qu’elle a franchi chaque étape à travers des processus de sélection formels — en misant sur ses compétences et sur son engagement.
« Profitons de cette journée pour mettre en lumière toutes les femmes qui se sont battues pour que nous puissions aujourd’hui évoluer librement et atteindre nos aspirations. Faites-vous confiance et laissez rayonner votre potentiel. »